En France, en Europe et dans le monde, les droits des femmes sont attaqués.
Attaqués frontalement par les intégrismes religieux, attaqués sournoisement par les politiques d’austérité, attaqués par la montée des masculinistes et des discours misogynes, et attaqués, aussi, par l’extrême droite qui avance masquée derrière un discours prétendument féministe.
L’extrême droite n’a jamais été du côté de l’émancipation. Elle s’est toujours nourrie d’un ordre moral et social qui assigne les femmes à résidence, les contraint à la maternité et à la dépendance économique.
Ses partisant.es combattent le droit à disposer librement de son corps, notamment le droit à l’IVG comme nous avons encore pu le constater au Parlement Européen, où les groupes politiques de la famille Le Pen, de Jordan Bardella ou de Sarah Knafo se sont opposés à l’utilisation des fonds européens pour permettre aux femmes de bénéficier d’avortements « sûrs » partout en Europe.
Depuis quelques années, en France, des groupes identitaires – les mêmes qui attaquent l’Humanité lorsque nos révélations les dérangent – comme le collectif Nemesis instrumentalisent la cause des femmes pour mieux diffuser leurs discours de haine.
Ces militantes ne sont pas des féministes : ce sont des suprémacistes blanches, qui tentent de détourner la colère légitime vers la xénophobie et la stigmatisation. Sous couvert de défendre les victimes de violences, elles désignent un ennemi unique : l’étranger, le migrant, le musulman. Et derrière les mots tradition ou civilisation, c’est toujours le vieux monde patriarcal qui se cache.
C’est pourquoi, aux côtés des associations féministes et syndicats, je considère que le collectif Nemesis n’a rien à faire dans le cortège du 8 mars, notamment au regard des incidents de l’an dernier. De même, je demande sa dissolution pure et simple. Leur ligne « fémonationaliste » n’est pas anodine : elle permet de relativiser, voire de nier, le caractère systémique des violences de genre qui traversent toutes les classes sociales, toutes les origines, tous les territoires et sont le produit d’un même système de domination : le patriarcat.
L’extrême droite a choisi son camp et vote contre les budgets qui permettent d’ouvrir des centres d’hébergement, d’accorder plus de moyens à la justice, de soutenir les plannings familiaux et les associations féministes. Soit, elle s’oppose à l’éducation à la vie affective et à la sexualité, à l’égalité à l’école, soit elle s’y infiltre pour mieux diffuser ses discours réactionnaires.
Elle combat les politiques économiques et sociales qui garantissent l’autonomie financière des femmes et l’égalité salariale : comment se prétendre féministe lorsque l’on refuse d’augmenter les salaires alors que l’écart salarial est de près de 22%, quand on s’attaque aux retraites des travailleuses précaires, quand on affaiblit l’hôpital public où elles sont majoritaires ?
Les luttes féministes sont indissociables de la lutte pour plus de justice sociale et fiscale.
L’égalité réelle suppose des droits effectifs : droit à l’emploi, à un salaire digne, à la santé, à la protection contre les violences, à la maîtrise de son corps. Elle suppose aussi la solidarité, et non les divisions racistes et xénophobes.
En ce 8 mars 2026, journée internationale des droits des femmes, réaffirmons que le féminisme n’est pas un instrument identitaire mais un projet d’émancipation universelle.
Et il n’y aura pas d’égalité tant que nous laisserons prospérer celles et ceux qui, sous couvert de protection, organisent la régression à tous les étages.
Une raison supplémentaire de faire front commun contre l’extrême droite, comme nous le proposons dans notre hors-série exceptionnel, en partenariat avec 4 autres médias.





