Cuba dans le viseur de Trump

10 Mar 2026

Depuis plusieurs mois, les signaux d’alerte se multiplient autour de Cuba. Crise énergétique, pénuries, coupures d’électricité, chute du tourisme, exode massif de la population : l’île traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire récente. 

Derrière ce drame, un responsable unique : Trump l’impérialiste et son désir à peine voilé d’en finir avec le régime cubain. Pour cela, il accentue la pression et son emprise, allant jusqu’à déclarer le 27 février dernier, envisager une prise de contrôle politique, et en réitérant ses propos lors d’un sommet ‘’Bouclier des Amériques’’ le 6 mars dernier, avec ses alliés de droite, en déclarant que Cuba vivait ses derniers moments. 

La stratégie est toujours la même : créer ou dénoncer des difficultés pour mieux prétendre ensuite être le sauveur d’un peuple, et, en réalité, asseoir encore plus son hégémonie et ses intérêts. 

Si la crise cubaine a des causes internes et structurelles avec notamment une dépendance aux importations, elle ne peut être comprise sans évoquer l’étau géopolitique qui se resserre sur l’île. Depuis plus de soixante ans, le blocus américain pèse sur l’économie cubaine. Les restrictions énergétiques imposées à l’île et les menaces de sanctions contre les pays qui lui fourniraient du pétrole risquent désormais de provoquer une véritable catastrophe humanitaire, en affectant directement certains secteurs clés, agriculture, industrie, hôpitaux, alimentation et services essentiels. 

La situation est d’autant plus fragile que Cuba vient de perdre un allié économique majeur : le Venezuela. L’enlèvement par les Etats-Unis, du Président Maduro a privé La Havane d’un fournisseur essentiel de pétrole, aggravant les pénuries et les coupures d’électricité. 

Le résultat est une crise multidimensionnelle. L’économie stagne, le tourisme- l’un des principaux moteurs de revenus- s’effondre, et l’émigration atteint des niveaux historiques.
En quelques années, des centaines de milliers de Cubains ont quitté leur pays, souvent des jeunes, accentuant le vieillissement et la fragilité sociale de l’île. 

La question cubaine doit être posée en termes de droit international que les Etats-Unis bafouent une nouvelle fois. Chaque année, l’Assemblée générale de l’ONU condamne presque unanimement l’embargo américain contre Cuba. Pourtant, celui-ci continue d’être appliqué, au mépris du multilatéralisme. L’ingérence, l’embargo et les sanctions économiques n’ont jamais apporté ni démocratie ni prospérité aux peuples. Ils produisent surtout de la souffrance sociale et alimentent les tensions internationales.

Face à l’asphyxie d’un peuple entier, la France et l’Europe ont ici une responsabilité. Elles ne peuvent se contenter d’un silence prudent. L’heure est venue de défendre clairement la levée du blocus, d’encourager la coopération économique et scientifique, et d’appuyer toutes les initiatives de solidarité internationale.

Car Cuba reste aussi un symbole. Celui d’un pays communiste et révolutionnaire qui, malgré ses difficultés et ses contradictions, a fait de la santé, de l’éducation et de la coopération internationale des priorités. Un véritable modèle où les besoins humains sont placés au cœur et qui ont fait de l’excellence médicale un atout mis à disposition d’autres pays, en pénurie de cette main d’œuvre qualifiée.

Dans un monde marqué par la montée des rivalités et des impérialismes, l’avenir ne peut être celui des sanctions permanentes et des logiques de domination. L’avenir doit être celui du dialogue, de la souveraineté des peuples et de la solidarité. Après Gaza, une nouvelle flottille internationale d’aide humanitaire doit arriver le 21 mars à la Havane pour apporter des médicaments et du matériel de première nécessité. Ce geste symbolique rappelle que la solidarité internationale demeure un levier essentiel face aux logiques d’isolement.

Briser l’étau et le siège autour de Cuba est aujourd’hui une urgence internationale.

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