Soutien aux personnes LGBTQ+ au Sénégal

27 Mai 2026

Fin mars, le Parlement sénégalais a adopté une loi doublant les peines de prison visant les personnes homosexuelles et criminalisant désormais la « promotion » comme le financement d’activités liées aux droits LGBT.

Depuis, les témoignages d’arrestations, d’humiliations publiques et de violences se multiplient. Des hommes et des femmes sont désignés à la vindicte populaire sur la base de simples rumeurs concernant leur orientation sexuelle réelle ou supposée.

Des médecins, des militants associatifs, des personnes venant en aide aux malades du VIH ou aux personnes LGBT sont, eux aussi, pris pour cible.

Ce qui se déroule aujourd’hui au Sénégal est grave et s’inscrit dans un mouvement mondial de régression des droits humains, où l’homophobie et la transphobie redeviennent des instruments politiques assumés.

Partout, des forces réactionnaires cherchent à transformer les minorités sexuelles en ennemis intérieurs. Elles désignent des catégories de population comme responsables des fractures sociales, des crises culturelles ou du prétendu déclin moral des sociétés. Les personnes LGBT deviennent alors des boucs émissaires commodes, au même titre que les étrangers, les féministes ou toutes celles et ceux qui contestent l’ordre conservateur.

Aux États-Unis, la droite trumpiste a fait des questions LGBT, et plus particulièrement des droits des personnes transgenres, un axe central de sa guerre culturelle et moraliste. Sous les administrations Trump, les attaques contre les politiques de diversité, les restrictions visant les personnes trans dans l’armée, à l’école ou dans les compétitions sportives, se sont multipliées.

Derrière les discours sur la « protection des valeurs traditionnelles » ou de l’enfance, c’est une stratégie politique méthodique qui se déploie : produire de la peur, fabriquer des paniques morales et désigner certains citoyens comme des menaces pour la nation.

Cette mécanique dépasse largement les frontières américaines. De Washington à Budapest, de Moscou à certaines capitales du continent africain, les mêmes rhétoriques circulent et se répondent. On y retrouve les mêmes obsessions identitaires, les mêmes dénonciations fantasmées d’une prétendue « idéologie LGBT », les mêmes instrumentalisations religieuses et nationalistes. Les réseaux sociaux accélèrent cette contagion réactionnaire mondiale, transformant les droits humains en cibles politiques et électorales.

La France n’échappe pas à ce climat. Dans plusieurs municipalités passées sous le contrôle du Rassemblement national ou de ses alliés, les gestes anti-LGBT s se sont multipliés ces dernières semaines : retrait de drapeaux arc-en-ciel des façades de mairies, effacement de passages piétons aux couleurs LGBT, remise en cause de subventions ou d’événements liés aux Marches des fiertés. Certains voudraient faire croire qu’il ne s’agit que de symboles. Mais les symboles comptent. Ils disent qui a droit à la visibilité, à la reconnaissance et, au final à l’égalité.

Et lorsque des collectivités locales choisissent au contraire d’afficher leur soutien aux personnes LGBT, elles deviennent parfois elles-mêmes des cibles. À Arcueil, des drapeaux arc-en-ciel ont été arrachés, des affiches vandalisées et des installations liées à la Journée internationale contre l’homophobie sabotées. Les escaliers qui devaient être peints aux couleurs LGBT ont même été recouverts d’huile afin d’empêcher l’opération municipale. Cette violence symbolique n’a rien d’anecdotique. Elle vise à intimider et à dissuader toute expression publique de solidarité.

Les droits humains ne se défendent pas à géométrie variable. On ne peut dénoncer les persécutions lorsqu’elles sont spectaculaires et détourner le regard lorsqu’elles prennent des formes plus diffuses, plus institutionnelles ou plus symboliques ailleurs.

Face à cette internationale de la haine, il doit exister une internationale de la solidarité, notamment en accordant des visas aux personnes persécutées au Sénégal. Défendre les personnes LGBT est une exigence démocratique et un combat permanent pour que nul ne soit humilié, persécuté ou condamné pour ce qu’il ou elle est.

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