Torture, blocus, famine, détention arbitraire, génocide… Depuis des années, le gouvernement israélien commet des crimes plus ignobles les uns que les autres contre le peuple palestinien. La liste est longue. Pourtant, point de cris d’orfraie de la part du gouvernement français, peu enclin par exemple à dénoncer les accords commerciaux entre l’Union européenne et Israël, quand on sait pourtant que l’économie est le nerf de la guerre. Alors que de nombreux citoyens dans le monde, en Europe et en France, se mobilisent depuis des années pour faire entendre la voix d’un peuple qui meurt, notre gouvernement fait la sourde oreille, et tente de réduire au silence toutes les militants et tous les militants de la paix lors des manifestations pro-palestiniennes. Pourtant c’est bien ces mobilisations en France qui ont conduit le gouvernement à reconnaitre l’Etat de Palestine à l’ONU, comme un timide premier pas.
Existantes depuis 2010 et plus fortement médiatisées depuis 2025, les flottilles vers Gaza sont une marque de résistance citoyenne, politique, militante pour apporter une aide humanitaire et ouvrir les yeux sur la situation catastrophique en Palestine.
Malgré un relatif silence médiatique autour de ces initiatives de solidarité, ces citoyens et citoyennes engagées sont les témoins et les relais du non-respect du droit international avec l’arraisonnement des flottes dans les eaux internationales, des détentions arbitraires, de l’interdiction de visites de la Croix-Rouge dans les lieux d’enfermement.
A l’opposé du courage de ces militants, les autorités préfèrent la culpabilisation et l’inversion des responsabilités « je vous avais bien dit de pas y aller ! »
Et ces derniers jours, les Européens rapatriés relatent des violences psychologiques et physiques : agressions sexuelles, viols, torture, humiliations mise en scène par le ministre israélien d’extrême-droite Ben Gvir, privation de sommeil…
Cette fois, le premier ministre français annonce rencontrer les avocats des victimes pour envisager « une suite juridique ». Et ce ministre israélien est « interdit de séjour ». Le gouvernement israélien tremble ! Hélas non, l’ambassadeur n’ayant même pas pris la peine de se déplacer à la convocation du Quai d’Orsay. Pas de chance, il est en voyage. Il ne viendra pas. Sûrement une histoire de timing et d’agenda.
Ben Gvir, un fusible tout trouvé ?
Pour le premier ministre Netanyahou : « la manière dont le ministre Ben Gvir a traité les activistes de la flottille n’est pas conforme aux valeurs et aux normes d’Israël ». Cette pseudo-condamnation à quelques mois des législatives en Israël, apparait bien opportune et lui offre une belle occasion de communication pour faire le ménage ? Le ministre de la Sécurité nationale israélien serait-il un fusible tout trouvé, portant le chapeau d’années d’exactions pourtant orchestrées par le premier ministre qui se dégage ainsi de ses responsabilités. Pourtant lui aussi fait l’objet d’une interdiction de séjour en France, enfin juridiquement il est considéré comme en fuite par la Cour pénale internationale qui a délivré un mandat d’arrêt pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité. Et pourtant, il survole encore librement le monde ou le sol français. Une impunité et une complicité internationale honteuse. Vu mais pas pris.
En séance, les parlementaires français – de gauche – interpellent et ré interpellent le gouvernement Lecornu : à quand une réaction digne de ce nom ? Mais là encore des questions sans réponse. Ainsi le premier ministre indique au sénat le 27 mai qu’il « condamne moralement et politiquement » le ministre Ben Gvir. Là encore, tout le monde tremble devant tant d’engagement ! Sans bien sûr citer son boss, M. Netanyahou. Tout le monde s’accorde donc et tout est bien qui finit bien, la bête noire est toute trouvée, le génocide peut continuer avec plus de 70 000 morts depuis le 7 octobre 2023.
Rappelons enfin, que fin mars, la Knesset a adopté une loi instaurant la peine de mort, applicable uniquement aux Palestiniens. Elle sera potentiellement prononcée à l’encontre de milliers de prisonnier.ère.s politiques, actuel.le.s et à venir, retenu.e.s dans les geôles israéliennes, sans distinction d’âge. Ce vote introduit la banalisation de la peine de mort comme instrument politique, ciblé contre un peuple.
La peine de mort s’inscrit ici dans un rapport de domination et dans un contexte terrifiant de colonisation, d’apartheid, de nettoyage ethnique et de génocide. Elle devient l’expression ultime de la peur érigée en système, de la dissuasion par la mort et de la déshumanisation institutionnalisée.
Cette loi est la seule loi au monde à se baser sur le critère de la « race » pour s’appliquer, rappelant les heures les plus sombres de l’Histoire. En effet, selon les mots de l’ONG israélienne Zulat : « des lois présentant de telles caractéristiques racistes n’existaient que dans l’Allemagne nazie ».
Cette fuite en avant n’est pas soudaine : elle s’inscrit dans une dynamique de radicalisation de la politique menée par Benyamin Netanyhahou, une folie belliciste, sécuritaire et criminelle qui tente – vainement – de justifier l’injustifiable.
Le pouvoir israélien fait une nouvelle fois la démonstration de sa conception suprémaciste des vies humaines, sous l’influence du principal promoteur de ce texte, le ministre Itamar Ben-Gvir, leader de « Force Juive ».





