Victoire du PSG : la célébration face à la répression. 

5 Juin 2026

Samedi soir, à Bobigny, un jeune de 13 ans a été visé par un tir de LBD, alors que partout en Île-de-France se tenaient des célébrations populaires suite à la victoire du PSG. 

Un enfant aurait donc été éborgné par un agent de la police nationale alors qu’il partageait un moment convivial, sur l’espace public avec ses ami.e.s. 

Je lui adresse, ainsi qu’à sa famille, toute ma solidarité et toute mon amitié. 

Ce drame n’est malheureusement pas isolé, puisqu’on recense au moins un autre adolescent blessé suite à un tir de LBD dans le Val-de-Marne, et pour des centaines de jeunes, ce week-end de célébration s’est traduit par de nombreuses violences policières et de multiples interpellations, dont une partie a donné lieu au prononcé de lourdes peines au terme de comparution immédiate, redoutable instrument de justice expéditive.

Dans notre Département, jeune et populaire, cet incident n’est pas sans rappeler les trop nombreuses violences policières que subissent quotidiennement les jeunes dans les rues, les parcs, les centre villes. Contrôles discriminatoires, intimidations, abus, voire violences physiques, la situation n’a de cesse de se dégrader alors que nous commémorions l’an passé les 10 ans de la mort de Zyed et Bouna, morts en rentrant de leur entraînement de foot car ils avaient tenté, de peur, d’échapper à un contrôle arbitraire de police. 

Concernant la soirée de samedi soir, alors que les célébrations de victoires sportives sont des temps de communion qui doivent être organisés et accompagnés, nous avons assisté à une doctrine de recours à la force plus que discutable.  

Sans nier les débordements violents organisés par des groupes minoritaires – et que je tiens à déplorer- lors de ce genre d’événement, force est de constater que Laurent Nunez, Ministre de l’intérieur, a avoué lui-même que les forces de l’ordre n’avaient été mobilisées que dans une optique de gestion d’émeutes et de violences urbaines. 

Le fait que la Préfecture de Police ait refusé toutes les propositions de la ville de Paris pour instaurer des ‘’fan zones’’ démontre encore un peu plus l’approche purement répressive et totalement inadaptée de cette soirée-là, où rien n’a été fait pour empêcher les affrontements entre forces de l’ordre et supporters, bien au contraire.

A grand renfort de communication médiatique qui occulte les expressions de joies, largement majoritaires, pour ne relayer que les scènes de tensions en les décontextualisant et en n’interrogeant pas à un seul instant leur cause, la volonté était de stigmatiser les jeunes notamment des quartiers populaires, à effrayer et diviser la population. 

Ce à quoi nous avons assisté samedi soir résulte donc d’une volonté politique, dont la Police Nationale n’est qu’un instrument. Et je tiens à rappeler que les politiques répressives n’ont jamais permis d’apaiser les colères populaires, bien au contraire, comme suite à la mort du jeune Nahel à Nanterre, il y a trois ans presque jour pour jour. 

Que ce soit pour les jeunes qui célèbrent des victoires sportives sur l’espace public urbain, les jeunes qui investissent des espaces ruraux pour danser dans le cadre de free party, ou encore des militant.e.s associatif.ve.s ou syndical.e.s qui demandent plus de justice et d’égalité, ce pouvoir ne semble n’avoir qu’une réponse à apporter à la jeunesse et la population : envoyer les forces de l’ordre en première ligne pour réprimer toujours plus, à l’image du dernier projet de loi RIPOST. 

Mais ce monde, vers lequel les droites et extrême droite coalisées cherchent à nous emmener, loin du vivre ensemble, n’a rien d’une fatalité. 

Au contraire, il est urgent d’organiser la riposte, et de proposer des perspectives d’avenir désirable, basée autour de la promotion du sport, de l’art, de la culture, de la fête et du partage. 

Un projet politique dans lequel  l’envoi des forces de l’ordre ne devient pas l’alpha et l’oméga de toute gestion des personnes sur l’espace public, où le dialogue se renoue et où l’on se donne les moyens pour que l’espace public redevienne un lieu de fête, safe et inclusif, où puissent s’exprimer la liberté et la solidarité. 

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