Eux ou nous

28 Juin 2024

La campagne éclair des élections législatives anticipées, décidée par le seul président de la République, prend fin. Une nouvelle fois, les débats de fond, projet contre projet, auront été mis de côté, laissant place aux petites polémiques bien orchestrées. Tout ceci dans une complicité macabre de chaînes d’information préférant le futile à l’utile, accélérant par la même occasion l’écœurement et le rejet de la politique et nourrissant donc le vote pour l’extrême droite.

Nous aurions tort de penser que cela n’est pas une stratégie politique voulue délibérément par le locataire de l’Élysée, le président au service du capital. Ce dernier ne se rassasie plus seulement d’une politique libérale et autoritaire, mais veut désormais un tournant sécuritaire pour étouffer toute contestation sociale et continuer à épuiser le vivant et la nature.

Il y a encore une vingtaine d’années, Jean-Marie Le Pen était un épouvantail pour le capital qui voyait en lui un obstacle pour le développement du business. Aujourd’hui, le jeune Bardella, à l’instar d’une Meloni en Italie, est devenu un atout et une alternative crédible et enviable à Macron pour le capital, qui s’accommodera bien volontiers de son projet raciste et xénophobe pour servir ses intérêts. D’ailleurs les reniements journaliers du RN sur les retraites, la baisse de la TVA, la sortie du marché européen de l’énergie sont autant de signes pour rassurer les marchés financiers et la grande bourgeoisie.

Macron aura donc réussi le tour de force d’accélérer la décomposition et la recomposition politique à l’œuvre depuis vingt ans. En l’espace de trois semaines, il aura hâté la fin des LR, favorisé l’union des droites extrêmes, transformé son deuxième quinquennat en septennat, et diabolisé toute la gauche en tirant un trait d’égalité entre nous et les héritiers de Pétain et des Waffen-SS. Tout cela dans une inversion des valeurs inédites où les antiracistes seraient devenus « des antisémites » et où un « front républicain » pourrait se nouer, comme dans les années 1930, sous le slogan « Plutôt Hitler que le Front populaire ».

La colère et l’inquiétude sont présentes partout dans le pays. Ce qui va se jouer dès ce dimanche peut entraîner une période d’instabilité politique dont on ne mesure pas encore toutes les conséquences, mais qui, si l’extrême droite passe, sera d’une violence inédite pour les classes populaires, les syndicalistes, les femmes, les homosexuels, les étrangers, les binationaux… Une seule chose est certaine.

Macron sortira battu de la séquence et la tripartition du pays, qui dominait la vie politique depuis quelques années, laissera place à un duel. Ça sera donc le Front réactionnaire ou le Nouveau Front populaire. Eux ou nous. Un projet libéral autoritaire, raciste et liberticide ou celui du progrès social et écologique. Nous sommes la seule alternative d’espoir pour le pays. Seule une intervention populaire massive peut bouleverser ce sinistre scénario imaginé dans les salons de l’Élysée. Aux urnes, citoyens !

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