Lors des municipales de 2026, le RN est sorti renforcé en triplant le nombre de commune dont il a la gestion, désormais au nombre de 62. Si ces chiffres sont loin du raz-de-marée qui avait été maintes fois annoncé par les éditorialistes, cette tendance suscite tout de même de vives inquiétudes.
Depuis leur élection, nombre de maires issus du RN ont marqué leur début de mandat par des actes qui rappellent ce qu’est l’ADN de l’extrême-droite : un parti raciste, misogyne, homophobe, anti-syndicat et anti-culture.
A Liévin, dans le Pas-de-Calais, le nouvel édile a pris la décision d’exclure les syndicats de l’hommage historique aux mineurs pour le 1er mai, pour dépolitiser cette commémoration et effacer la mémoire ouvrière : le coup de grisou qui a emporté 42 mineurs en 1974 ne résultait pas du hasard, mais d’un système capitaliste et productiviste qui fait passer la sécurité des travailleurs après le rendement.
A Carcassonne, le nouveau maire RN se bat pour expulser les organisations syndicales de leurs locaux où les militant.e.s organisent depuis près de 90 ans l’accueil, l’organisation et la défense des travailleur.euse.s. Il a également ôté le drapeau européen du fronton de la mairie, supprimé les subventions de la ville à la Ligue des droits de l’homme (qui avait eu l’outrecuidance d’attaquer l’arrêté municipal anti-mendicité pris dès la prise de fonction de l’édile). Dernière salve en date : le refus de mettre à disposition des locaux pour le vote consulaire des ressortissants algériens. Il est fort à penser que l’on a pas fini d’entendre le bruit de ses bottes…
A Carpentras, le maire du Rassemblement national a supprimé la subvention de la ville au Planning Familial, une association historique de défense du droit à la contraception, à l’avortement et à l’éducation à la sexualité.
A Faches-Thumesnil, après avoir fait retirer des drapeaux arc-en-ciel de la façade, la nouvelle municipalité a décidé d’annuler la marche des fiertés prévue quelques jours après.
À Elne, le maire a lui aussi fait retirer le drapeau arc-en-ciel du fronton de l’hôtel de ville et fait repeindre le passage piéton arc-en-ciel, situé juste devant la mairie.
A Castres, le maire RN a fait annuler la représentation de la pièce « Passeport », récit de parcours d’exilés.
Quant à Vauvert, le nouveau maire RN annule une un festival de jazz et une exposition de photographies d’un artiste, auquel l’édile reproche d’être un « militant LFI ».
Ainsi, à peine élus, plusieurs maires d’extrême droite ont marqué le début de leur mandat d’actes annonciateurs de la politique qui y sera déployée dans les prochaines années, dans la droite lignée des gestion municipales de territoires déjà tombés aux mains du RN, comme Perpignan, Hénin-Beaumont, Fréjus, ou Béziers.
Partout où l’extrême droite exerce le pouvoir, elle s’attaque aux associations culturelles, féministes, antiracistes, LGBTQIA+ ou aux organisations syndicales ; en bref, à tout ce qui incarne un idéal égalitaire et émancipateur.
Elle s’emploie à précariser encore davantage les foyers les plus modestes, à renforcer les dynamiques d’exclusion territoriale, à réduire les services publics de proximité comme les offres de sport et de loisirs proposés.
Dans les villes RN, on retire, on interdit, on annule, on exclut et on invisibilise. Partout, la même logique : faire taire, faire disparaître tout ce qui contrevient à leur projet de société classiste, racistes et stigmatisant. L’extrême-droite, toujours prompt à se donner une image respectable et moderne, dévoile ici, une fois de plus, son véritable visage.
Les grandes régressions de l’Histoire commencent toujours par des signaux faibles : des symboles que l’on efface, des mots que l’on banalise. C’est là que réside le véritable danger.
Car lorsqu’on banalise le racisme, lorsqu’on efface les symboles de conquête sociale, de lutte contre les discriminations, on prépare un recul collectif.
La République, la vraie, ne trie pas ses enfants. Elle ne hiérarchise pas ses citoyens. Elle ne dissimule pas celles et ceux qui dérangent. Et aujourd’hui, elle est attaquée. Méthodiquement. Alors résistance !





