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49.3 : éviter les pièges, poursuivre la mobilisation

Le débat parlementaire qui s’anime ces derniers jours est révélateur d’un aiguisement des tensions et contradictions politiques dans le pays. La tentative de confusion alimentée par le Rassemblement national qui s’est positionné au dernier moment pour soutenir la motion de censure de la Nouvelle union populaire écologique et social (NUPES) à l’Assemblée nationale doit ainsi nous interpeller. Loi d’être anodin, cet acte politique vise à entretenir l’idée que le rejet du président actuel constituerait une politique majoritaire. Après tout, bon nombre de nos concitoyens pourraient légitimement se poser cette question : « s’il faut mettre en minorité Emmanuel Macron et ses parlementaires, pourquoi pas ? ». Le rejet du « système », incarné par le pouvoir politique, est si fort qu’il ouvre la porte au pire.


La multiplication des crises et l’affaissement du débat public, tourné vers les faits divers sordides et instrumentalisés pour légitimer la violence (nous y reviendrons dans un autre billet), tournent ainsi au tour de force autoritaire. Quand les incertitudes et l’insécurité sociale, dont la crise énergétique cristallise toutes les tensions, rythment la vie de millions de foyers qui sont prêts à se tourner vers les solutions politiques les plus dangereuses. La clarification à apporter pour refuser cette confusion est nécessaire. Tant sur la méthode, la démarche politique, que sur les idées, rien ne rassemble la gauche et l’extrême-droite. Il faut le réaffirmer fortement. Les positionnements opportunistes de Marine Le Pen et de son parti visent à gagner en respectabilité, pourvu que cela participe de sa normalisation.


Il faut dire que l’héritière de Montretout l’a déjà montré en votant la loi pouvoir d’achat durant la session parlementaire de l’été, dévoilant sa haine du partage juste entre capital et travail, tout comme elle s’était attelée à rassures les marchés sur sa conception de la dette ou des retraites. Plus qu’une arnaque sociale, son projet raciste et liberticide se fait tout entier en concertation avec le capital. La formation du gouvernement italien par son amie néofasciste Giorgia Meloni le démontre, poursuivant l’austérité budgétaire de Mario Draghi.

Les progressistes doivent donc rejeter ces manœuvres. De la dénonciation du racisme à celles des restrictions de liberté, des droits pour les femmes notamment, il faut combattre haut et fort ces forces obscures.


Cette tension, illustrée par le 49.3, existe partout et doit dépasser le cadre parlementaire. Le niveau de luttes sociales pour les salaires, disparate encore aujourd’hui mais réel, doit s’amplifier et unir celles et ceux qui ont intérêt à enrayer la machine libérale et autoritaire qui veut poursuivre la casse des services publics, les inégalités territoriales et sociales, les droits sociaux. Ce qui fait en somme le socle républicain et l’essence des conquêtes sociales du pays. La colère et le rejet ne peuvent justifier des alliances contre-nature. Au contraire, c’est par l’action et un travail minutieux de rassemblement, de proximité que les forces disponibles (de la NUPES sur le champ politique aux forces syndicales, associatives) doivent poursuivre un travail commun dont les premières mobilisations ont montré le potentiel de lutte.




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