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Engagement républicain : à front renversé ?

Depuis dimanche et l’annonce des résultats du 1er tour des élections législatives, la fébrilité gagne les rangs du camp présidentiel. D’abord en ayant arbitrairement écarté des chiffres officiels certains candidats de gauche pourtant étiquetés dans la Nouvelle union populaire écologique et sociale, ce qui aurait logiquement placé cette coalition en tête devant Ensemble. Maquillez la défaite que je ne saurais voir !


De plus, il est vrai que c’est une première sous la Ve République. Pour la première fois, le Président élu, et réélu en l’occurrence, ne termine pas en tête des élections législatives et pourrait ne pas disposer d’une majorité absolue, voire de majorité, dans la future Assemblée nationale. Si on y ajoute le record d’abstention, il faut bien peser le signal politique : le président Macron ne dispose pas d’une majorité d’idée dans le pays pour appliquer son programme antisocial. Les réactions diverses de candidats présidentiels, dont certains ministres en ballotage défavorable, de refuser d’appeler à voter pour la NUPES dans les 61 duels face à l’extrême-droite sont encore plus affolantes. La diabolisation et les caricatures s’accumulent, avec des parallèles douteux et insultants. A l’heure où nous écrivons ces lignes, seuls 6 candidats macroniens éliminés dans une circonscription où se tiendra un duel NUPES-RN appellent à battre explicitement l’extrême-droite. Certains ont choisi le silence, d’autres le « ni-ni ».


Un mois après l’entre deux-tours présidentiel où les incertitudes de certains électeurs étaient jugées irresponsables, les sympathisants du Président semblent avoir la mémoire courte. Mettre sur le même plan les partisans d’une gauche unie et l’extrême-droite constitue un amalgame inacceptable. S’il s’agit d’un signe de fébrilité évidente, il révèle à quel point Emmanuel Macron souhaite se placer en candidat de la raison, du centre face aux « extrêmes ». Pourtant, des millions de Français attachés aux idées de gauche et de progrès n’ont pas flanché le 24 avril dernier pour battre l’extrême-droite, sans pour autant adhérer au projet libéral du vainqueur.


En jouant l’invective et en mettant dos-à-dos NUPES et RN, le gouvernement contribue à la banalisation de l’extrême-droite qui constitue une menace encore bien réelle. Il contribue à en faire un parti comme un autre. Si le score du RN peut sembler en recul par rapport à la présidentielle, il traduit en réalité un ancrage puisqu’il progresse en nombre de voix par rapport aux élections législatives de 2017. Il progresse même de près de 1,2 millions de voix entre les deux scrutins et en fait la seule force en progression, étant en tête dans 110 circonscriptions. L’extrême-droite pourrait disposer d’un groupe parlementaire pour la première fois dans un scrutin majoritaire à deux tours. Un groupe RN, ce sont autant de députés porteurs d’une parole de haine et de violence, caricaturant et obstruant le travail parlementaire pour mettre en scène leurs idées. Comment pourrait-on les mettre sur le même plan que les candidats de la NUPES ? Si beaucoup parmi ces derniers sont des candidats jeunes et novices, ce qui est heureux pour renouveler la représentation nationale, ils sont issus ou soutenus par des partis ancrés localement, reconnus pour leurs sérieux et leur esprit républicain sans concession. Quel plaisir de voir des hommes et des femmes, des visages nouveaux, ouvriers, employés, petits artisans comme Rachel Kéké, Abdel Yousfi, Stéphane Ravacley être présents au second tour et espérons-le, faire leur entrée à l’Assemblée nationale dimanche prochain. Le mépris de classe dont font preuve les marcheurs, à commencer par l’ancienne ministre des sports Roxana Maracineanu envers la célèbre femme de ménage qui a mené la bataille victorieuse contre le groupe Accor, est insupportable. Cette attitude est à la hauteur du néant de son bilan : lamentable.


La troupe (légère) du Président se sait impopulaire. Plutôt que d’en prendre acte et de faire campagne projet contre projet, elle préfère insulter à nouveau les électeurs qui auraient mal voté… C’est maintenant la menace du chaos et du désordre qui est agitée ! Comme un air de 2005…


Il est temps de faire gagner un programme populaire et de progrès social. La mobilisation des abstentionnistes est un enjeu majeur pour placer le plus de candidats de gauche et écologistes et balayer le maximum de députés macronistes et avec eux leurs politiques libérales mortifères pour le vivant et la planète !




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