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Haut-Karabakh : le drame que nous devons regarder en face

Dernière mise à jour : 17 oct. 2023

Dans le lot des nouvelles terribles de cette année 2023, la situation des Arméniens du Haut-Karabakh est absolument terrible. Depuis le 19 septembre dernier, l’Azerbaïdjan a repris le contrôle de cette province qui avait fait sécession au lendemain de la dissolution de l’URSS. Cette province est le symbole de la décomposition politique qui n’en finit pas dans cette région, laissant place à la violence politique.

La république autoproclamée de l’Artsakh, anciennement République autonome sous la République socialiste d’Azerbaïdjan, s’est auto-dissoute et a acté l’échec de son projet d’indépendance. Composée majoritairement d’Arméniens dans un pays à majorité turcophone et d’islam chiite, sa population fuit actuellement vers l’Arménie voisine par peur de massacres et de représailles de masse.

C’est un nettoyage ethnique en règle puisque 100 000 personnes ont déjà quitté leur région natale, foyer d’une culture de plusieurs siècles. A terme, il ne devrait plus avoir d’Arméniens restant dans cette province. Malgré les propos si peu rassurants du président azerbaïdjanais Ilham Aliyev pour la sécurité des Arméniens qui resteraient sur place, la dénomination dans la capitale provinciale d’une rue au nom d’un des dirigeants du génocide de 1915 contre les Arméniens envoie un message clair : partez et ne revenez jamais, sinon la mort vous guette !

Le silence assourdissant de la « communauté internationale » est révoltant à plus d’un titre.

L’agression de l’Azerbaïdjan, qui n’a jamais cherché à retrouver ce territoire sécessioniste par le dialogue, se fait avec des forces supplétives jihadistes syriennes et avec le soutien d’Ankara, payées par l’argent du pétrole que l’Union européenne achète. Cet manne issu de l’accord économique de juillet 2022 où l’Union européenne, tout à sa condamnation de l’agression russe en Ukraine, est allée chercher chez un autocrate qui mène la guerre à son voisin. Deux poids, deux mesures ? L’accentuation de différences de richesses entre les deux pays voisins, au profit de Bakou qui vit de la manne pétrolière depuis 30 ans, explique cette agression. L’Azerbaïdjan s’est doté d’un arsenal dernier cri grâce à son développement économique, lui conférant une supériorité technologique incomparable.

Le cynisme russe est évidemment à souligner également, pris dans sa guerre en Ukraine, et qui lâche son partenaire historique arménien alors qu’il a un accord militaire qui le lie à Erevan. L’Arménie n’est pas formellement agressée à ce jour mais la fermeture du corridor de Latchine et le rapport de forces favorable à Bakou pourrait donner lieu à une annexion du sud arménien pour créer une cohérence territoriale avec l’enclave azerbaïdjanaise du Nakhitchevan et isoler encore plus l’Arménie.

La situation n’est pas figée et il faut de suite que le dialogue prime. On ne peut tolérer une ethnicisation des Etats avec des risques de massacres d’ampleur. La guerre en Ukraine a accéléré la décomposition de l’espace d’influence russe au profit d’autres voisins aux ambitions régionales, en premier lieu la Turquie. Les logiques de violences de classes compradores, alliées opportunément à des forces fondamentalistes, doit nous inquiéter. Le Caucase pourrait devenir une nouvelle poudrière. Le critère ethnique ou religieux n’explique pas tout comme le démontre le soutien de Téhéran à l’Arménie et celui d’Israël à l’Azerbaïdjan.

Nos amis arméniens organisés dans la diaspora, marqués par le génocide de 1915, nous appelle à ne pas oublier leur peuple. Il faut les soutenir pour trouver une solution de coexistence entre des peuples et que les Etats, par le biais de l’ONU, envoie des émissaires pour trouver un espace de dialogue et d’apaisement. La situation de cette région démontre que la guerre alimente toujours plus de conflits et provoque des dégâts dans la durée.

Solidarité avec nos amis du Haut-Karabakh.

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