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L’explosion des tarifs de l’électricité n’est pas inéluctable !

La ministre de la Transition énergétique a annoncé lundi 6 novembre dernier une nouvelle hausse des tarifs de l’électricité pouvant aller jusqu’à 10% au 1er février 2024. Après des hausses de 15% en février puis 10% en août 2023, sans compter les hausses successives de la dernière décennie, l’énergie devient un luxe là où elle devrait être un bien commun accessible à toutes et tous.


Alors que la précarité énergétique touche environ 12% de la population française, ces hausses viennent aggraver les difficultés. Car il est impossible aujourd’hui de se passer d’électricité ; on peut se laver plus vite, avoir froid chez soi, manger moins de plats chauds – ce qui est déjà un scandale – mais l’électricité reste indispensable.


A l’inverse de cette tendance délétère, la fédération mines-énergie de la CGT (FNME-CGT) propose une nouvelle méthode de calculs des tarifs réglementés de l’électricité, et démontre fort à propos qu’il est possible d’arriver à des tarifs 20% moins chers qu’actuellement.


Leur méthode ? Calculer le coût de production moyen du mix énergétique français, et y ajouter les coûts de distribution, de transports, l’abonnement et les taxes. Ces calculs n’omettent pas les investissements dans les moyens de production, à l’instar du grand carénage. Ils démontrent également qu’une hausse très minime, bien loin de celles que nous subissons actuellement, permettrait d’investir dans la transition énergétique.


Ce que montrent ces travaux, menés par la CGT et le cabinet Secafi, c’est que les hausses de tarifs ne sont ni inéluctables, ni irréversibles, et surtout qu’elles résultent de choix politiques. Car cette méthode ne se base par sur le marché et implique de renoncer au mécanisme de l’Arenh – qui consiste à exiger d’EDF qu’elle vende une part déterminée de sa production à un coût fixé par le gouvernement, quasi systématiquement inférieur au prix du marché, à des fournisseurs alternatifs privés qui la commercialisent ensuite. Une belle manne financière pour les alternatifs, qui en exploitent les failles et en profitent pour spéculer ; un gouffre pour EDF.


A contrario, la méthode de la FNME-CGT est basée sur le système de production français et ses spécificités. Une tout autre base de réflexion menée dans le souci des usagers et non dans la logique du marché.


Pourquoi, dès lors, le gouvernement français et l’Union européenne n’ont-ils pas trouvé cette solution, ou du moins ne s’inspirent pas de ce type de travaux ? Parce que ces derniers contreviennent à leur idéologie ultralibérale. Parce que le marché européen de l’énergie manquait tout simplement, selon eux, de résilience face aux crises ; ils ont préféré le toiletter de quelques ajustements. Le 17 octobre dernier, un accord a donc été trouvé pour « réformer » le marché, autour d’un compromis franco-allemand. Il prévoit un mécanisme de prix garantis par l’Etat, mais également que tout mécanisme de régulation devra être soumis à autorisation de la direction générale de la concurrence à Bruxelles – aucun changement de paradigme en vue, donc.


Pourtant, quoi de plus contradictoire avec l’intérêt général que les lois du marché, la recherche de profits à tout prix ? Démonstration est faite que pour revenir à des tarifs abordables, une nécessité tant l’énergie et particulièrement l’électricité relèvent de l’intérêt général, et donc du service public, il sera indispensable de revenir à une production et une distribution 100% publiques. Pour que les « clients » redeviennent enfin des usagers.

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