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Médicaments : la France en grand danger

C’est un symptôme d’une économie en grande difficulté comme le rationnement des denrées alimentaires. Les annonces de restrictions de certains médicaments ou leur livraison à des publics prioritaires montrent à quel point les pénuries sont devenues monnaie courante dans nos économies capitalistes.


Comment a-t-on pu en arriver là ? Parce que la course au profit et au moins-disant social est devenue la norme. La destruction systématique d’une industrie nationale et souveraine et la casse des savoir-faire qui vont avec ont provoqué cette catastrophe. Sanofi est ainsi davantage mue par la recherche de profits et la délocalisation pour accroitre ses marges et alimenter ses actionnaires. Pour ses salariés en lutte depuis un mois, les augmentations de salaires proposées sont dérisoires et insultantes. Au-delà delà de leurs rémunérations, ces travailleurs veulent reconstruire une filière du médicament digne de ce nom permettant de produire en France les principes actifs élémentaires et de rebâtir une recherche utile répondant aux défis de demain.


C’est pourtant leur travail, fruit de leur intelligence et d’un système de recherche qui sait encore produire de bons techniciens et chercheurs malgré son affaiblissement par les contre-réformes néolibérales, qui produit les bons résultats de l’entreprise. Les laboratoires sont devenus tellement dépendants des fluctuations des marchés qu’ils en viennent à manquer de matière pour produire certaines molécules. Pire, ils jouent la concurrence entre états pour viser les marchés les plus lucratifs. La France manque ainsi de paracétamol et d’amoxicilline car il faut d’abord livrer les marchés où les prix sont plus intéressants !


Cette gestion calamiteuse vient s’ajouter aux difficultés de nos structures de soin, en particulier de l’hôpital public, et mettent en danger les patients ! Alors que les urgences pédiatriques sont en difficulté, les ruptures d’amoxicilline mettent en danger nos enfants. La loi de l’argent est décidément inhumaine.


Jusqu’à quand allons-nous accepter cette mécanique ? Les laboratoires et leurs actionnaires ne peuvent être les décisionnaires des grandes orientations des politiques sanitaires. Ils gaspillent les doses des vaccins anti-Covid, avec la complicité des Etats membres, grâce à des clauses confidentielles toutes acquises à leur avantage. Ce sont eux qui empêchent la levée des brevets sur ces vaccins et violent la législation sur d’autres traitements comme le sofosbuvir, médicament précieux contre l’Hépatite C.


Il est temps de renforcer la bataille pour un pôle public du médicament et de sortir des griffes du marché ce secteur essentiel et même vital pour l’ensemble de nos concitoyens.




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