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« Nous mettrons un professeur devant chaque classe », qu’il disait !

« Nous mettrons un professeur devant chaque classe » Emmanuel Macron, juillet 2023. 

Cet objectif qui peut sembler être le minimum syndical ne sera même pas atteint pour la rentrée prochaine et risque de devenir « nous mettrons 0,71 professeur devant chaque classe ».

En effet, les chiffres (non encore définitifs) pour la session 2024 de concours d’enseignants des enseignants viennent de paraitre et sont très alarmants. Après 3 100 places non pourvues en 2023 et 4 000 en 2022, des postes d’enseignants ne trouveront pas preneurs pour la rentrée 2024, faute de candidats. 


Il ne faut pas sortir de l’ex-ENA pour comprendre les raisons de  cette situation. Les conditions de travail des personnels se dégradent depuis des années et les enseignants ressentent une perte de sens de leur métier du fait des suppressions de postes, des fermetures de classes, du manque d’infirmier·es, d’assistant·es sociales, d’enseignants spécialisés, d’AED et d’AESH, de remplaçants, de personnels techniques et administratifs. Pour rappel, le budget de l’Education Nationale  s’est vu réduire de 700 millions d’euros suite au décret sur les coupes budgétaires. Comment dans ces conditions attirer des candidats ? 


Cette année, on ne compte en moyenne qu’un 1,46 candidat par poste vacant alors qu’ils étaient 2,22 en 2008. Au sein de l’académie de Créteil, ce ratio descend à 0 ,71 soit moins d’un candidat par poste. En Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre de France métropolitaine, il manque déjà 1000 enseignants en collèges, 2200 enseignants en lycées, et 2000 enseignants dans les écoles.


Fait nouveau, preuve de la gravité de la situation nationale, la Ministre de l’Education Nationale sort du déni et reconnait qu’il n'y aura pas assez de professeurs des écoles à la rentrée prochaine. Le contexte est tout aussi problématique dans le secondaire, et alors que les « groupes de niveaux » en vue du choc des savoirs tant vanté par le Ministère, il pourrait manquer des professeurs en mathématiques et en français, notamment.


A cette situation connue de tous de longue date, la Ministre répond : réforme de la formation initiale des enseignants. Prévue pour septembre, elle tarde à se dessiner et les syndicats demandent un report tant la méthode et le contenu ne conviennent pas. 

Les organisations syndicales dénoncent le mépris et la désinvolture du gouvernement alors que la profession souffre d’une grave crise, tout en craignant un abaissement du niveau général de la formation (recrutement dès bac+3 contre 5 années d’études actuellement). 

Autre point de crispation : le recours à des stagiaires en M2 pour être en responsabilité à mi-temps et donc considérés comme « moyens d’emploi » alors que cette dernière année de formation, mais également année de stage, devrait au contraire permettre aux étudiants d’apprendre sereinement leur métier, sans devoir répondre à la totalité des contraintes qui pèsent sur un professionnel. 


Face à tous ces problèmes et une crise d’attractivité qui s’enlise, les enseignants, les parents d’élèves seront une nouvelle fois mobilisés le 25 mai prochain pour exiger des moyens pour l’Education nationale et l’école publique. 


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