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Paris sportifs : Un business lucratif sur la misère humaine

Winamax, Betclic, ZeBet, Unibet, Netbet… Les sites de paris sportifs ont envahi internet et l’espace public par leurs publicités très présentes et visibles, mais ils envahissent aussi les esprits… et les comptes en banque! Les chiffres sont parlants : 4 millions d’utilisateurs par an en France – le double d’il y a cinq ans – dont 70% ont moins de 34 ans ; 8 milliards d’euros misés en 2021, soit 56% du chiffre d’affaires du marché global des jeux en ligne.


Ces paris sportifs en ligne, autorisés en France depuis 2010, représentent une véritable manne financière pour les opérateurs, mais également pour tous les parasites qui se greffent sur un système bien rodé et très efficace. À tel point que les médias se sont saisis du sujet, notamment le Bondy Blog, qui y a consacré un très bon dossier, ainsi qu’Envoyé spécial (le 20 janvier 2022) sur France 2.

Dans ce système, il y a donc bien évidemment les opérateurs qui proposent les paris, mais également les ”tipster”, ces ”pronostiqueurs” qui vendent leurs pronostics, une pratique illégale en France, parfois en lien direct avec les opérateurs qui leur reversent un pourcentage… sur les pertes !

Et ce n’est pas tout ; les clients seraient fichés par les opérateurs et suivis en fonction de leurs gains et de leurs pertes mais également de la fréquence de ceux-ci. En somme, ceux qui jouent beaucoup – et perdent beaucoup – sont incités à jouer davantage encore par des bonus, des ”freebets”, c’est-à-dire des paris gratuits, des cadeaux, des notifications, etc. Une manière de relancer l’engrenage du jeu, d’autant que plus le joueur perd, plus il va vouloir récupérer ce qu’il a perdu, et plus il jouera.

Quant aux joueurs qui gagnent trop, ils verraient au contraire leurs mises limitées afin de prévenir les pertes pour l’opérateur – ce qui constitue un refus de vente tel que défini par le Code du Commerce, selon une délibération de l’Autorité nationale des jeux de 2017.


Or, ce système bien organisé a des conséquences dramatiques. Il peut entraîner le développement de comportements addictifs et trop souvent, il aboutit à des situations d’endettement. Et ceux qui sont le plus susceptibles de sombrer dans l’addiction, c’est-à-dire les jeunes, sont ceux qui sont le plus incités à jouer : précarité, désir de gagner de l’argent rapidement et facilement, et pour les plus jeunes, absence de responsabilité financières, influence de personnalités connues partenaires, autant de critères qui nourrissent l’attrait pour ces pratiques. Tout est prévu pour les harponner, depuis les publicités ciblées jusqu’aux notifications.

Des associations alertent et demandent une réglementation plus poussée et plus efficace afin de limiter ces dégâts considérables, qui posent des questions de santé publique, de pratiques liées au sport et de situation économique. Il y a là un véritable enjeu de société dont les pouvoirs publics doivent se saisir.




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