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Réforme des retraites : la punition collective...

Le projet de réforme des retraites annoncé ce mardi 10 janvier est la réforme majeure de ce quinquennat. C’est la matrice d’un projet de société de régression sociale en même temps qu’une stratégie d’écrasement de toute résistance. La brutalité du projet ne s’arrête pas à la mesure qu’est l’âge légal de départ à la retraite avec des annonces prétendument progressistes qui ne sont que des trompe l’œil.


Le report de l’âge légal de départ repoussant de 62 à 64 ans pour obtenir une pension à taux plein est une attaque intolérable. C’est un allongement de la durée de travail, accélérant la durée de cotisations à 43 annuités prévue par la loi Touraine pour 2035 et… avancée à 2030. C’est le temps au travail de l’ensemble du salariat qui est allongé, ce qui constitue une attaque complémentaire contre les 35 heures. Le capital veut réduire autant que possible le temps hors travail et presser les actifs le plus possible sur le marché du travail.


Au regard des carrières hachées par la précarité (notamment sur les contrats de travail), les salaires trop bas résultant de déqualifications successives et surtout d’un âge d’entrée sur le marché du travail plus tardif, l’objectif d’une retraite à taux plein à 64 ans et 43 ans semble peu réaliste. La réalité, c’est que l’essentiel des salariés partiront soit avec une retraite incomplète soit devront prolonger au-delà de l’âge légal, plutôt autour des 67 ans.


Le minimum de pension établi à 1200 euros brut ou 85% du SMIC brut, mesure phare du candidat Macron au printemps dernier, ne s’appliquera… qu’à celles et ceux qui ont connu une carrière complète. Le niveau moyen d’une retraite de 1500 euros cache mal des disparités de situation puisque les retraités aisés ont souvent un patrimoine et des revenus en capital qui élèvent artificiellement cette moyenne. La mesure phare n’est donc qu’un leurre qui ne permet pas d’élever réellement le niveau réel des pensions.


Il faut agir sur l’emploi en général, particulièrement des séniors. Le taux d’emploi de ces derniers n’est que de 56% quand 1,4 million d’entre eux ne sont ni en emploi ni en retraite. Qui peut croire que les employeurs vont les faire travailler plus longtemps ? L’index d’emploi des séniors pour pointer les « mauvais élèves » employeurs n’est qu’un gadget, non contraignant et à peu de frais. Pire, le cumul emploi-retraites et le dispositif carrières longues incite à commencer de plus en plus tôt (ce que permet notamment la réforme du baccalauréat professionnel) et à légitimer le fait que la carrière complète sera inatteignable. Le temps des séniors pauvres travaillant jusqu’à plus de 65 ou plus pour des mini-jobs est ouvert… C’est d’autant plus une injustice que les salariés en carrières longues ont souvent travaillé dans des secteurs physiquement éprouvants.


La fin des régimes spéciaux est une aberration. Au nom d’une prétendue équité, ce sont des millions de salariés qui vont devoir subir plus longtemps des métiers pénibles. En dégradant les conditions de travail de ces métiers, parfois protégés par des conventions obtenues de haute lutte en termes de statut ou de départ anticipé, en plus d’insulter ces professions pourtant essentielles (« preneurs d’otages », « privilégiés »), ce sont des catégories entières qui partiront en retraite avec une santé dégradée. Le déficit réel de certaines de ces caisses de retraite résulte majoritairement de la casse de l’emploi public et de l’austérité appliquée à ces secteurs — pensons à la RATP ou la SNCF.


Tous ces éléments mis bout à bout impacteront l’ensemble des salariés, malgré les pseudo-avancées. Ils seront tous perdants et mis à l’échafaud au nom de réformes qui ne sont nécessaires que pour le capital et les marchés financiers. D’ailleurs, il n’y aurait pas d’alternative car notre système serait au bord de la faillite : la menace de la banqueroute financière est l’argument ultime ! Nous traiterons ce sujet pour déconstruire les mensonges d’une propagande libérale insupportable !


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