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Salon de l’agriculture

Après une édition annulée en raison de la crise sanitaire, le salon international de l’Agriculture est de retour. Au-delà du plaisir de retrouver la diversité et la richesse de nos territoires, ce salon prend une place singulière dans le contexte actuel.


On entend souvent parler du « monde d’après » pour désigner le besoin de revoir nos manières de produire, consommer et vivre alors que les crises s’enchaînent. Les enjeux agricoles sont évidemment primordiaux dans cette réflexion. Que produire et comment à l’heure du réchauffement climatique ? Comment nourrir tout le monde avec une production de qualité ? Comment maintenir notre production nationale quand la moitié des exploitants agricoles sera en âge de partir à la retraite d’ici 2030 ?


Autant de questions urgentes et vitales qui doivent être versées dans le débat public.

La grande distribution réalise ses marges de manière indécente sur les petits producteurs, pour qu’au final, la majorité de nos concitoyen·ne·s se trouve lésée également ; c’est qu’avoir l’œil sur le compte en banque n’est pas gage de qualité pour se nourrir correctement.


À l’heure d’une inflation qui risque de durer avec l’actualité internationale et la crise sanitaire, près de 7 millions de personnes dépendent de l’aide alimentaire.


Comment répond le gouvernement ? La start-up nation bien évidemment ! Oui, vous ne rêvez pas : tel un remède miracle, il faudrait développer une agriculture faite de gestion des données et de digital. Les agriculteurs seraient donc des « entrepreneurs du vivant » !


Les agriculteurs doivent être évidemment au cœur d’une refonte de nos politiques agricoles. Mais ils méritent mieux que des qualificatifs saugrenus et des formules creuses ! L’urgence est de placer la question de la rémunération des producteurs en priorité afin qu’ils puissent vivre dignement de leur travail. Il faut accélérer la transition écologique et avancer vers un modèle agro-écologique pour assurer à nouveau une autosuffisance alimentaire, perdue par une libéralisation progressive du secteur contenue dans les traités commerciaux successifs.


Parce que des citoyen·ne·s, des collectifs, des associations, des élu·es de nombreuses collectivités territoriales souhaitent placer l’enjeu d’une alimentation durable et de qualité au cœur de leur action/préoccupations, il faut associer l’ensemble de la société sur nos manières de produire et de consommer. C’est un enjeu de santé publique et de démocratie. Oui, nous pouvons prévenir de nombreuses maladies et améliorer nos vies par l’alimentation. Les expériences menées dans de nombreux territoires attestent de cette volonté d’accéder à de la qualité, à se réapproprier des savoir-faire culinaires. Du bon, du bio, du raisonné : c’est une conquête de classe pour les temps à venir. C’est un débat très sérieux qui mérite mieux que les caricatures qui ont alimenté le débat public il y a quelques semaines.


C’est ce message que je porterai auprès de tous les acteurs économiques du secteur agricole lors de ma visite au salon ce jeudi.




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