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Scandales alimentaires : stop à la malbouffe !

Les quantités donnent le vertige ; sur le site de rappels de produits alimentaires défectueux ou contaminés du gouvernement (voir le lien en fin de billet), au mercredi 13 avril au matin, ce ne sont pas moins de quatre-vingt-deux produits rappelés… pour le seul début du mois ! Et combien d’autres qui ont échappé aux contrôles ?

Les rappels de produits alimentaires sont légion tout au long de l’année, mais certains sont plus emblématiques ou plus largement consommés que d’autres, et font dès lors irruption dans l’espace médiatique. Ainsi, récemment, les pizzas « Fraich’up » de la marque Buitoni contenant la bactérie e-coli, certains fromages au lait cru (Coulommiers, Brie, Normanville) contenant des listeria monocytogenes, et il y a quelques jours, des chocolats de la marque Kinder de Ferrero contenant de la salmonelle.


Certes, des accidents ou des erreurs peuvent advenir. Mais lorsque Ferrero reconnaît avoir détecté la présence de salmonelle dans ses usines dès le mois de décembre et pris des mesures, manifestement insuffisantes s’il s’agit de la même souche de salmonelle, pour un rappel décidé en avril, on est en droit de s’interroger. Ces incidents mettent en lumière les nombreuses problématiques liées à la production alimentaire et à notre façon de nous alimenter. Ils montrent également les insuffisances de ce qu’on appelle les « auto-contrôles », c’est-à-dire que chaque entreprise doit faire réaliser par des entreprises privées prestataires des contrôles sanitaires. Et comme le dit l’adage « celui qui paie a raison ». Et pendant ce temps-là, les contrôles publics sont moins nombreux, et le nombre de

fonctionnaires baisse chaque année… De plus, pour faire de plus en plus de profits et augmenter leurs marges, les entreprises de l’agroalimentaire font des économies sur le nettoyage, lui aussi souvent privatisé, ainsi que sur la maintenance industrielle et le coût des matières premières. Et voilà constitué un cocktail explosif qui conduit à la multiplication des scandales alimentaires ces dernières années. Pour n’en rappeler que quelques-uns : la viande de cheval dans les lasagnes en 2013, les filets de poulets gonflés à l’eau en 2019, les steaks hachés frauduleux distribués aux associations d’aide alimentaire dans le cadre du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD) en 2019, et n’oublions pas non plus le scandale de l’infection à la salmonelle des laits infantiles de Lactalis à la fin de l’année

2017, alors que la salmonelle avait, là encore, été détectée des mois auparavant.

Le rapport d’information sur la qualité des steaks hachés distribués dans le cadre du FEAD que j’ai effectué pour la Commission des Affaires économiques du Sénat a mis en lumière des insuffisances criantes, notamment en termes de contrôle des services de l’État, faute de moyens, mais aussi en termes de traçabilité au sein même de l’Union européenne.

Ces trop nombreux scandales alimentaires mettent en avant la qualité appauvrie de nos aliments, la liberté quasi-totale de grands groupes prêts à tout pour augmenter leurs profits, mais aussi un système d’échange et de marché conçu pour favoriser la production de masse à moindre coût, et de moindre qualité au détriment des consommateurs mais aussi du monde paysan. Traités de libre-échange qui favorisent les élevages intensifs et extensifs à l’autre bout de la planète et détruisent notre agriculture – tout en augmentant les échanges, donc les émissions de gaz à effet de serre – ; produits phytosanitaires qui appauvrissent les sols et empoisonnent toute la biodiversité – humains inclus, tant il est malheureusement devenu nécessaire de rappeler que nous faisons partie des écosystèmes et que nous

en sommes nous aussi dépendants – ; production délocalisée ; monocultures ; gaspillage alimentaire massif – utile à la spéculation – ; fraude sur les labels ; ajouts d’additifs nocifs, etc. : l’alimentation de qualité se fait de plus en plus rare, accessible à une seule minorité.

Et les conséquences de cette ”malbouffe” sont nombreuses, tant sur l’environnement que sur la santé.

Sur l’échelle des inégalités sociales dont elle se fait le reflet et qu’elle vient au fond renforcer, la qualité de la nourriture décroît avec les revenus.

Alors que de nombreux concitoyen·ne·s sont, à juste titre, plus exigeants sur la qualité de

l’alimentation, il est temps de poser cet enjeu sur la place publique.


Pour consulter les rappels de produits alimentaires :


Pour consulter le rapport sur les faux steaks :




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