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Situation de l'entreprise YARA : écouter les salariés

Le site du groupe YARA, basé sur le site du port de St Nazaire, assure la fourniture de 600 000 tonnes d’engrais par an.

 

Depuis 10 ans, il fait l’objet de critiques des autorités locales comme la DREAL, la préfecture, les élus locaux, les syndicats et les associations environnementales, qui enjoignent unanimement le groupe au respect des normes environnementales.


En 2020, le parquet de St-Nazaire a ouvert une information judiciaire visant le groupe pour « exploitation non conforme d’une installation avec atteinte grave à la santé ou à la sécurité des personnes ou dégradation substantielle de la faune, la flore, la qualité de l’air, du sol ou de l’air ».

Depuis 2021, le site est inscrit dans le dispositif ministériel de « site à vigilance renforcée » du fait de non-conformités majeures et répétées au code de l’environnement.


Malgré les alertes d'un côté, les aides publiques de l'autre, la direction du groupe reste sourde aux alertes et ne poursuit qu’un seul objectif : le maintien de ses profits, quel qu’en soit le coût environnemental à l’égard des riverains et riveraines, et social à l’égard des salariés et salariée comme des sous-traitant du site.


La DREAL récuse toute accusation de laxisme et mentionne que la loi prévoit « un processus graduel de contrôles et de sanctions », lequel a été « enclenché » puisque Yara a dû payer « 743 250 euros d’astreinte administrative depuis 2020 ».

A la rentrée 2023, des voix se sont à nouveau élevées pour appeler à une fermeture administrative du site, le temps de le mettre aux normes.

 

La direction a donc saisi l’occasion pour annoncer un PSE concernant 139 personnes sur les 172 en poste actuellement, allant de pair avec une volonté de transformer le site en simple plateforme d’approvisionnement : pour cela, elle est prête à débourser quelque 80 millions d’euros sur la table.


Cependant, le motif économique du PSE est plus que douteux, alors que YARA est une multinationale à la santé financière solide (près de 8 Milliards de $ de bénéfices sur 4 ans) détenue à plus de 40% par l'Etat Norvégien et les fonds de pension de son gouvernement.


Face à cette situation, les élus.es du CSE, avec le soutien des salarié.es et des organisations syndicales représentatives, ont travailler à un projet à partir de leurs connaissances de l'outil de travail, des besoins de leurs clients et du respect de leur santé et de l'environnement.


Aujourd'hui, ils proposent, en dernier recours, un projet alternatif élaboré avec le cabinet SECAFI, afin de sauver les emplois et rétablir une activité industrielle, cette fois, conforme aux normes sécuritaires et environnementales.


En effet, l’avenir de ce site relève également de la souveraineté alimentaire française, alors qu’il est constaté que 80% des engrais utilisés en France proviennent d’exportations. Au cœur de leur projet, impulser la production « Made in France » de fertilisants moins polluants, en lien avec les enjeux de l’agriculture de demain.

Les salariés et salariées sont mis en grève à de multiples reprises pour contraindre la direction du groupe et les pouvoirs publiques nationaux à entendre leurs revendications, sans réponse pour l’heure.


Cela, alors que la volonté du groupe YARA de fermer le site situé à St Nazaire est une illustration d’une stratégie amorcée de relocaliser la production d'ammoniac en Amérique du Nord, cette décision se place à rebours des annonces du gouvernement en termes de réindustrialisation du pays et d’innovation vers une agriculture plus vertueuse, qui promeuve le respect des normes de production et le respect de toute la chaîne de production de notre nourriture.


Aussi, il souhaiterait savoir si le gouvernement entend intervenir afin de maintenir la production et les savoirs-faires, notamment pour imposer la mise en place du projet alternatif réalisé par les membres du CSE.

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