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Solidarité avec les migrants !

Après le Grand remplacement, jusqu’à quand allons-nous nous laisser diviser, nous laisser guider par les débats putrides ? La peine de mort, la fin de l’Etat de droit, insulte raciste à l’Assemblée nationale, les réfugiés qui devraient être laissés en mer ! Avons-nous perdu tout honneur, tout devoir d’humanité ?


La saillie raciste du député RN De Fournas, légitimement sanctionné et qui mériterait des poursuites judiciaires, n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans un registre bien travaillé par l’extrême-droite et une grande partie de la droite. Il ne faudrait accueillir personne car cela constituerait un appel d’air et un soutien aux réseaux criminels de passeurs. C’est donc la main sur le cœur que ces messieurs se préoccupent du sort des migrants ! Vaste hypocrisie !


Ces 234 réfugiés, bloqués en Méditerranée, sont des survivants ! 1700 personnes y sont mortes noyées en 2022, plus de 18 000 depuis 2014, mortes dans la Mare Nostrum, notre mer commune, un des espaces qui a connu parmi les plus grandes civilisations de l’histoire. Au nord du pays, des migrants tentent de traverser la Manche au risque de leur vie. Que fuient ces gens ? Ils fuient les guerres, les effets du réchauffement climatique, les dégâts des politiques d’asymétrie des accords économiques bilatéraux envers l’Afrique notamment, nos guerres impérialistes.


Qui ose parler des camps de migrants en Lybie, dont certains voudraient qu’ils soient des hot spots, des lieux de transit pour l’Europe, qui sont de véritables lieux d’esclavage moderne ? Allons-nous faire comme les Britanniques qui veulent mettre en place des centres de traitement de l’asile…au Rwanda ? D’ailleurs, le nouvel accord franco-britannique pour les traversées de la Manche ne parle que de déploiement policier et jamais des manières de sécuriser les voies d’accès pour ces exilés, leur permettant de faire leur demande d’asile. Cela serait moins coûteux et plus efficace ! Alors que le rapport accablant sur le drame du 24 novembre 2021 (qui a coûté la vie à 27 personnes dont une petite fille vient de sortir), mettant en cause le centre de surveillance et de sauvetage maritimes, il faut traiter avec humanité ces situations. Des moyens supplémentaires doivent être mis sur la table pour les opérations de sauvetage mais pour aussi ces départs en mer, dangereux avant tout pour les migrants eux-mêmes. Les Etats ne peuvent déléguer cette gestion à des associations ou de simples pêcheurs et déplorer ensuite la place que prennent les réseaux criminels. Oui, ce sont les logiques d’enfermement qui alimentent les marchés des passeurs, pas les associations qui appliquent simplement le droit humanitaire et d’asile !


Il faut dire que l’Union européenne délègue déjà une partie de sa gestion des réfugiés à la Turquie, qui se sert habilement de cet accord pour faire du chantage et demander allégrement des subsides supplémentaires chaque année ou des avancées politiques car cette route constitue la voie principale d’accès vers l’Europe que sont les Balkans. C’est également le cas dans les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla au Maroc où le pouvoir royal use de basses œuvres contre ces damnés de la terre pour le compte de Madrid. D’ailleurs, l’accueil salutaire de l’Ocean Viking à Toulon par les autorités françaises s’inscrit en partie dans ce cadre. Les demandeurs d’asile sont ainsi placés dans un centre d’accueil est défini en zone d’attente provisoire, hors du territoire national, avec des personnes vulnérables qui ne comprennent pas toujours ce qu’il leur arrive. La prochaine mouture législative de la loi immigration, qui vise à restreindre l’accès à l’asile et les recours possibles pour celles et ceux qui se voient refuser la demande, va continuer d’isoler ces populations des associations et juristes qui leur viennent en aide.


Les propositions de l’extrême-droite sont donc en réalité et malheureusement déjà en train d’être appliquées. Il faut dire que dans une Europe qui voit les populismes d’extrême-droite entrer dans des majorités gouvernementales, ces idées sont désormais monnaie courante dans le débat public. Comme si celles et ceux qui cherchent une vie meilleure devaient être traités séparément, être mis à l’écart. La raison ? Ils sont associés au danger, au crime et justifient un traitement policier. Les discours associant l’immigration et la délinquance ont été prononcés par le président de la République et le ministre de l’Intérieur il y a quelques semaines ! Comment se poser en rempart par la suite !


Enfin, le statut spécial que prévoit le gouvernement pour régulariser les travailleurs sans-papiers de secteurs dits en tension constitue l’autre face de cette politique. Il s’agit de maintenir dans une sous-catégorie celles et ceux qui viennent pour des raisons économiques et leur faire peser une épée de Damoclès permanente au-dessus de la tête.


Non, il n’y a pas de crise des migrants mais une crise de l’accueil. Soutenons ensemble les associations, ces citoyens, mobilisons-nous pour faire respecter le droit d’asile, la solidarité envers ces exilés qui fuient les ravages du capitalisme ! De Frontex à l’égalité des droits, il faut revoir l’ensemble des politiques d’accueil et de traitement des populations migrantes qui méritent d’être traitées dignement.




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