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Ukraine : il n’est pas trop tard pour la paix !

Après les déplacements de population et les appels à la mobilisation, la Russie par la voix de son président porte une lourde responsabilité dans la crise internationale en Ukraine. Vladimir Poutine a décidé de reconnaitre la souveraineté de républiques autoproclamées dans l’Est de l’Ukraine et déclaré vouloir leur assurer protection par une présence militaire russe. C’est une décision grave et dangereuse. Les premiers affrontements ont lieu et le risque de guerre généralisée est imminent avec des conséquences incommensurables.


C’est le moment pour amplifier tous les efforts diplomatiques afin de maintenir la paix et sortir d’une spirale qui mènerait au pire.


Ce niveau de tension puise ses raisons dans un échec patent : celui d’un espace post-soviétique encore dans le jeu d’affrontements impérialistes. Les provocations et menaces réciproques des puissances doivent être condamnées de toute part tant elles préparent les esprits à la guerre. A ce jeu, c’est d’abord et avant tout le peuple ukrainien qui est perdant.


Les déstabilisations de la part des États-Unis et l’implantation de bases militaires avec l’élargissement de l’OTAN (au mépris des promesses faites en 1991) en Europe de l’Est ont alimenté un nationalisme russe qu’exploite habilement Vladimir Poutine, notamment depuis les sanctions contre son pays en 2014. Ce dernier, souhaitant restaurer une puissance russe fantasmée et éteindre les critiques internes sur son bilan économique désastreux de paupérisation de la population aggravé par la gestion sanitaire de la COVID-19, choisit une issue belliqueuse.


A cela s’ajoute une Ukraine profondément divisée sur son avenir mais qui souhaite légitimement conserver son intégrité territoriale, déjà fragilisée par l’annexion de la Crimée sous giron russe. Après plusieurs mouvements qui ont notamment porté au pouvoir un président issu d’une mouvance « citoyenne » et populiste en 2019, rien n’a été réglé : ni les problèmes institutionnels ni les inégalités d’une économie prédatrice tenue par une poignée d’oligarques corrompus, qu’ils soient pro-russes ou pro-occidentaux. Ce délitement des institutions ukrainiennes et les déceptions politiques ont légitimé des groupes, parfois armés, aux idéologies réactionnaires voire fascisantes.


Enfin, l’Union européenne, inféodée à l’OTAN malgré les interventions singulières de la France et de l’Allemagne, porte une lourde responsabilité. Elle n’est pas sortie du logiciel de la guerre froide et de l’alignement atlantiste. Non seulement car elle n’a jamais permis un développement équilibré en Europe de l’Est mais elle a profité de l’élargissement de l’Union pour en faire un outil de dumping social en son sein, créant des désillusions dans les populations et réveillant des courants nationalistes et belliqueux.


Alors que les braises peuvent s’embraser de nouveau dans les Balkans, l’Ukraine symbolise le besoin d’avancer vers des solutions politiques durables dans le respect de peuples et des accords internationaux. Ne regardons pas les jeux de puissances avec les lunettes de la guerre froide. Il faut au contraire travailler à répondre aux enjeux présents en répondant aux problèmes politiques et sociaux des Ukrainiens, seuls décisionnaires pour l’avenir de leur pays, et avancer vers une refondation des relations entre les pays européens et la Russie.


Il faut d’abord un cessez-le-feu immédiat, préalable à toute discussion. Les accords de Minsk, non appliquées, sont toujours une issue possible. Des efforts doivent être accentués par des négociations sous l’égide des Nations Unies afin de construire un nouveau traité de sécurité collective en Europe basé sur le désarmement et le respect des frontières. La France doit y jouer un rôle moteur. Les forces démocratiques, sociales et politiques doivent se mobiliser pour faire entendre l’exigence de paix. Il n’est pas trop tard pour éviter le pire.


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