En Saxe-Anhalt, l’AfD vient de réaliser un score historique avec près de 45 % des suffrages. C’est un choc politique. Une victoire qui fait voler en éclats une réalité outre-Rhin depuis l’après-guerre : celui d’une extrême droite renvoyée et maintenue aux marges du jeu politique allemand.
Ce résultat a une résonance particulière et il est un signe inquiétant supplémentaire, s’il en était encore besoin. Aucun peuple n’est à l’abri dans le monde. L’extrême droite se déploie partout et se trouve en capacité de gouverner. L’internationale réactionnaire se renforce, surfant sur les colères et le désespoir, fabriqués par des décennies de politiques libérales. Le système capitaliste, qui produit toujours plus de richesses pour quelques-uns et toujours moins de justice sociale, fiscale et écologique pour le plus grand nombre, est à bout de souffle. Ce système est soutenu par l’alliance des milliardaires nourrissant un projet fasciste à travers le monde : ainsi, en France, la mainmise de Bolloré sur les médias et le projet civilisationnel de Stérin, le futur libertarien de Milei pour l’Argentine, l’Italie anti-immigration rêvée par Meloni. La liste est longue et cauchemardesque.
En France, après dix années de macronisme, le constat est sans appel : les salaires ont stagné, la précarité et la pauvreté ont augmenté, les services publics ont reculé, et désormais des millions de travailleurs vivent avec la peur du lendemain et la crainte de la relégation. Et c’est précisément parce que nous refusons de laisser l’extrême droite récupérer la colère populaire que nous devons changer profondément la politique menée dans notre pays. Il n’y a aucune fatalité à ce que l’extrême droite arrive au pouvoir. Mais nous ne gagnerons pas contre le RN en demandant aux Français de voter pour le moins pire. Nous ne gagnerons pas non plus en agitant éternellement le spectre du danger sans proposer d’espoir. Dans quelques jours, des centaines de milliers de femmes et d’hommes vont se retrouver à la Fête de l’Humanité, sur la Base 217. C’est une chance inouïe, un espace qui s’ouvre pour construire la résistance.
Nous accueillerons également une jeunesse, bien trop consciente des enjeux écologiques et sociaux, et désireuse d’unité et de radicalité. Cette jeunesse sera là pour écouter de la musique, refaire le monde autour d’un verre, débattre, rire, danser. Et cette année, cette dimension prend une saveur particulière. La Fête de l’Humanité doit être la Fête de toutes celles et tous ceux qui refusent ce que les médias présentent comme inéluctable. L’extrême droite frappe à la porte, nous ne lui ouvrirons pas. La Fête sera profondément antifasciste.
À la Fête de l’Humanité, nous, communistes, aurons une grande responsabilité : celle de rassembler les travailleurs, les jeunes, les retraités, les syndicalistes, les militants associatifs, les artistes, les intellectuels, les citoyens engagés ou simplement celles et ceux qui n’acceptent plus de regarder le pays se fracturer. Nous avons besoin d’un rassemblement le plus large possible. À l’instar de ce qui s’est passé il y a quatre-vingt-dix ans, avec le Front Populaire, faisons barrage à l’extrême droite et, au côté d’un mouvement social puissant, ouvrons de nouvelles pages de conquêtes sociales. Nos voisins allemands viennent de nous rappeler brutalement que la bascule peut être rapide et concrète. Les 11, 12 et 13 septembre, nous avons trois jours pour débattre, échanger, convaincre et redire que nous ne laisserons pas l’extrême droite écrire notre avenir, celui d’un horizon où les libertés individuelles et collectives seront encore plus menacées, celui où la haine de l’autre et la division deviendront la langue nationale. Face au danger, nous n’avons qu’une réponse : nous rassembler, nous organiser et reprendre ensemble le chemin de l’espoir.





