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Manger ne peut rimer avec danger !

Les slogans creux ne tiennent plus : bien manger, se faire du bien, éviter les produits trop gras, trop sucrés et trop salés devraient être remplacés par des slogans plus provocateurs. Ira-t-on jusqu’à la formule « Manger peut nuire à la santé » ?


La question est légitime tant les scandales alimentaires sont devenus la norme. L’alimentation, sujet primaire, est donc d’une marchandisation complète de toutes les activités humaines. Soumise à la loi du profit, elle est désormais prisonnière des logiques de rentabilité, au mépris de la santé humaine.


Alors que nous sortons à peine de la révélation de produits infectés à la bactérie E-coli et à la salmonelle, produits transformés plébiscités par les familles populaires, voici que de nouvelles annonces similaires sont apparues. D’autres produits, des pizzas de la gamme Buitoni une fois encore, sont désignés avec une jeune femme actuellement hospitalisée.

L’urgence de la situation impose de traiter avec vigueur ce sujet de santé publique qu’on peut aussi qualifier de sécurité sanitaire.


Les tests d’autocontrôle par les entreprises du secteur agroalimentaire ont clairement montré leurs limites. Ce n’est pas la probité des personnels qui est en jeu mais bien le fonctionnement de ce secteur d’activité, mû par les logiques de rentabilité. A vouloir économiser sur la production pour une alimentation à bas prix, nous sommes perdants sur tous les points… avec un coût social faramineux. La question alimentaire est un enjeu de classe.


Face à la dépendance grandissante de nos concitoyen·ne·s à une alimentation basée sur la consommation de produits industriels alimentaires bas de gamme et ultratransformés, il faut changer urgemment de logiciel. Remettre d’abord des contrôles stricts et publics sur les chaînes de production agroalimentaire. Arrêter le système du lean management qui délègue à des sous-traitants les procédures de nettoyage et d’entretien qui finissent par se faire au rabais et au détriment de la sécurité sanitaire.


Bien manger doit passer par une démarche d’appropriation et de démocratisation dans l’accès à la nourriture - de la ferme à la fourchette, pour reprendre l’objectif édicté par le Parlement européen. Cela implique de sortir des logiques de rentabilité et de ne pas considérer la modernisation des pratiques agricoles sous le seul angle du tout numérique.


Il faut aussi traiter l’autre volet sanitaire de l’alimentation qu’est l’obésité, considérée comme endémique en Europe par l’Organisation mondiale de la santé. Cela s’explique par l’accélération de la sédentarité depuis 2020 et les confinements de populations, la baisse de la pratique sportive et une alimentation très mauvaise, principalement dans les classes populaires. Les contrôles publicitaires, ciblant notamment les enfants sur les espaces numériques, doivent être strictement prohibés. Au risque de paraître liberticide, il faut au contraire préserver la liberté des familles populaires de vivre en bonne santé et prévenir les maladies des sociétés industrielles de demain (cancer, diabète, maladies cardio-vasculaires…).


La séquence de l’élection présidentielle a été l’occasion d’aborder, de manière trop souvent caricaturale, cet enjeu du bien manger. Il est temps que cela devienne un sujet sérieux de société.


Pour consulter les rappels de produits alimentaires :


Pour consulter le rapport sur les faux steaks :







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