En France, la mobilisation de la jeunesse fait la Une des médias. Des lycées aux universités, de Paris à la métropole et à l’Outre-mer, les élèves sont dans la rue, ils s’organisent, bloquent leurs établissements et manifestent pour des conditions d’étude dignes. Leur quotidien est très éloigné, les chances ne sont pas les mêmes, mais ils sont solidaires, ils savent que le climat environnement et social se dérègle. Ils demandent des professeurs devant chaque classe, des bâtiments salubres, l’égal accès à l’université. Et ce n’est pas la lune !
Mais il faut voir ce mouvement à l’échelle internationale : partout où les forces réactionnaires s’allient, se déploient, où elles semblent partout gagner du terrain, la jeunesse se bat.
Ainsi depuis plusieurs semaines, en Argentine les étudiants se battent contre les coupes budgétaires touchant les universités, en Inde c’est le respect de la démocratie qui est en jeu avec la suppression de dizaines de millions de citoyens sur les listes électorales, en Espagne la crise du logement touche de plein fouet la jeunesse qui se soulève contre la dérégulation du logement, en Albanie là encore un mouvement pour les universités mais aussi contre la corruption et le capitalisme suite au projet de Donal Trump, gendre. Il ne s’agit pas de faire une liste à la Prévert, mais une vision d’ensemble semble nécessaire : la fête – capitaliste – ne peut plus durer ! Education, logement, démocratie, lutte contre l’extrême-droite, anti-impérialisme : des milliers de jeunes partagent ces luttes à travers la planète et partout le pouvoir semble aveugle à leurs demandes.
Usant de mépris et de répression débridée, les gouvernements déploient des milliers de membres de force l’ordre, ferment les yeux ou encouragent l’utilisation d’armes mutilantes, enferment des mineurs, ferment les établissements scolaires. Ainsi en France, en 15 jours, près de 8000 gardes à vue, de nombreux blessés parmi lesquels des enfants. Les adultes tentent de servir de rempart pour laisser les jeunes s’exprimer : parents, enseignants, élus font barrage entre les cordons de police et les élèves, mais cela reste insuffisant pour mettre fin aux coups de matraques, envois de grenades, arrestations arbitraires.
La jeunesse n’est bien sûr pas une entité monochrome mais les revendications, les modes d’actions, la soif d’une nouvelle façon d’être au monde dessinent les contours d’un soulèvement global.
La jeunesse a ses codes qui ne sont plus ceux du vieux monde, qui sont souvent incompris des adultes, et qui comme génération avant, ne la prend pas au sérieux.
Pourtant, elle nous ouvre les yeux, elle ne veut plus du monde que l’on a bâti, ou que l’on a laissé pourrir. Aujourd’hui, elle a beaucoup à perdre et surtout que lui a reste-t-il à gagner ? Poursuite d’études, accès au logement, accès à la santé, possibilité d’envisager de fonder une famille, un travail stable et rémunérateur : les revendications sont nombreuses, aussi nombreuses que nous avons laissé nos services publics être démantelés, le capitalisme prendre la main, les rentiers s’enrichir sur le dos des travailleurs.
Les évènements, casse et pillage, viennent masquer les revendications, par un pouvoir autoritaire et illibéral qui utilise ces faits de violence pour appeler au retour à l’ordre. Et surtout à passer sous silence les justes revendications.
Aujourd’hui, de New-Delhi à Paris, les adultes commencent à prendre la mesure. Ils viennent gonfler les rangs des manifestants, les syndicats appellent à la grève et à rejoindre les manifestations. La convergence des luttes, emmenée par nos enfants, est bien là, les revendications sociales s’étendent et se croisent.
Le 25 octobre, la Serbie nous a montré que cette voie était possible : la jeunesse mobilisée depuis deux ans contre un gouvernement corrompu n’a jamais lâché, elle s’est battue, s’est organisée, jusqu’à obtenir des élections législatives anticipées dont le taux de participation est historique. La liste des étudiants est victorieuse et marque un tournant démocratique dans cet Etat des Balkans.
Alors partout où la jeunesse est dans la rue, écoutons-là, rejoignons-les et faisons de ce soulèvement le commencement du monde de demain.





